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Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /Mai /2007 13:55

Il y a 6 ans, quand j'ai débuté ma jument, j'ai fait l'acquisition d'une bride.

J'ai choisi d'aller chez un des grands selliers sur le salon du cheval, DEVOUCOUX. J'ai donc acheter une bride (pour un prix élevé, mais je veux bien admettre que la qualité a un prix).

J'utilise la bride deux ou trois fois après l'avoir correctemnet huilée ; je la nettoie et je la range.

 

6 ans plus tard (pour cause de vol de mon filet et donc obligation de s'en servir à la place après avoir enlevé les montants de bride), je la sors du grenier (ventilé) où elle avait été rangée.

Et là, surprise... Le cuir est tout dur, et donne l'impression d'un cuir premier prix ! Après deux ou trois séance de graissage à l'huile type de pied de boeuf, peu d'amélioration...

 

J'ai donc fait l'acquisition d'une bride à un prix elevé auprès d'un "grand sellier" qui en réalité, n'est pas de bonne qualité puisqu'elle n'a pas resisté au poids de quelques années, malgré un entretien nickel !

 

Par comparaison, j'avais acheté quelques mois après la bride un filet CWD ; il a servi un peu plus que la bride et a également été remisé quelques années (dans le même grenier).

Sauf que lorsque j'ai voulu m'en resservir, le filet était super, dans le même état que celui dans lequel je l'avais laissé (même pas besoin de le graisser !!).

 

Conclusion : parmi nos grands selliers, il y en a des plus petits que d'autres...

Par sbs007 - Publié dans : équitation : les selliers
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Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /Mai /2007 11:53

Les journée faisant 24 heures, dont 8 heures sont noramlement réservées au sommeil, ce n'est facile de réussir à tout caser : monter à cheval (avant il faut le panser et le seller puis après il faut le déseller puis le repanser...), travailler, et s'occuper de sa famille !

 

Avant d'avoir des enfants, je montais à cheval le soir, après le boulot.

Il me semble que c'est le mode majoritairemnet appliqué chez les cavaliers propriétéaires ou demi-pensionnaires.

L'inconvénient de ce système, c'est qu'on rentre tard à la maison, et si son chéri n'est pas lui même féru d'équitation, il fait souvent un peu la tête... (pour chance, mon chéri avait l'habitude de rentrer tard du boulot !).

 

Maintenant, j'ai des enfants, qui sont encore petits. Il m'est donc impossible le soir après le boulot de faire autre chose que de m'en occuper.

Donc reste deux possibilités : monter sur la pause déjeuner ou le matin avant d'aller travailler.

Perso, je ne peux pas monter pendant la pause déjeuner, à cause de l'éloignement géographique et de mon emploi du temps aléatoire.

Donc, j'ai adopté le créneau horaire "avant d'aller travailler". Je craignais que ce soit un peu dur, et en réalité, je suis conquise !

Certes, l'hiver il fait froid et il fait nuit, mais au moins on voit le jour se lever... Alors que le soir on arrive à la nuit et on repart à la nuit !

Bref, je suis très contente de démarrer ma journée par un peu d'équitation, et je regrette même de ne pas avoir fonctionner de cette manière avant !

Par sbs007 - Publié dans : les cavaliers et les autres
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Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /Mai /2007 17:12
Ci-après la reprise d'une note publiée par Clémentine Sperry sur le complet.com, qui croque les cavaliers professionnels en concours complet...

Les cavaliers professionnels

Voici venu maintenant le moment de s’occuper de la crème de la crème, du dessus
du panier que compose le monde du concours complet. Je veux bien entendu parler
des cavaliers professionnels.
Ils sont les stars de notre petit monde, les idoles des jeunes, ceux à qui tous
veulent ressembler. Étant des gens civilisés, nous n’allons tout de même pas jusqu’à
leur arracher leurs T-Shirt ou collectionner leurs vieux chewing-gums (enfin pas que
je sache, en tous cas). Mais une chose est certaine : ils ne sont pas de la même trempe
que le commun des mortels, et arrivent à faire des choses que les gens ordinaires
ignorent.

Pour commencer leur portrait, il me semble qu’il faut tout d’abord se poser LA
question. Cette question existentielle, ce mystère absolu, c’est ce qui les différencie du
cavalier ordinaire, c’est ce qui fait d’eux des surhommes. Cette question primordiale,
la voilà : mais comment font ils pour que leur pantalon reste blanc tout au long de la
journée de concours ? Si, c’est une question existentielle ! Comment ça non ? Eh bien
faites en autant pour voir ! Ah, vous voyez, finalement que ce n’est pas à la portée de
tout le monde. Après une intense réflexion, je crois avoir trouvé la réponse à cette
question : le cavalier professionnel utilise un (ou plusieurs) GROOM .

Qu’est ce qu’un groom ? Un groom est une personne d’extrême bonne volonté,
corvéable à merci et qui s’acquitte de toutes les basses besognes qui pourraient risquer
de salir le cavalier, comme faire les boxes, seller les chevaux, les toiletter, etc.… en
fait, la seule chose que le groom ne fasse pas, c’est monter (et pourtant, ça aussi, cela
peut éventuellement être salissant). D’après des observations personnelles très
minutieuses, j’ai remarque que le groom est fréquemment UNE groom. Si il n’y a pas
de critères particuliers pour être groom, j’ai cependant remarqué un point commun à
tous : ils aiment les animaux, et en particulier les chevaux . C’est probablement une
coïncidence, mais sait on jamais, cela a peut être un lien… Le groom est donc
indispensable au cavalier pro qui peut ainsi faire remarquer à tous à la buvette à quel
point son pantalon est éclatant. Certains cavaliers pros n’ont pas de groom, et cela nuit
à leur vie sociale : ils salissent leur pantalons et prétextent alors un manque de temps
pour ne pas aller à la buvette, comme si monter et préparer 4 chevaux sur trois tests
dans la journée ça prenait du temps, il y en a qui n’ont pas peur des mauvaises
excuses (alors qu’en fait c’est parce qu’ils se sont salis).

En plus d’une classe folle, le cavalier pro a une santé à toute épreuve : la preuve, il
monte pleins de chevaux. Quand nous, humbles amateurs, sommes fatigués après un
cheval et épuisés après deux, eux enchaînent gaillardement quatre ou plus chevaux
dans la journée, et ce sur plusieurs jours. Et comme si cela n’était pas assez, il leur
arrive aussi de coacher en même temps, histoire de ne pas trop s’ennuyer.
Les cavaliers professionnels sont des surhommes, et c’est lors des championnats et
des concours internationaux qu’on en a la preuve la plus flagrante. Comme chacun
sait, ces concours ont lieu sur plusieurs jours, le cross étant souvent programmé le
samedi. Or donc, le cavalier professionnel monte plusieurs cross, avec différents
chevaux, le samedi. On s’attendrait à ce qu’il soit éprouvé et manifeste l’envie de se
coucher tôt le samedi soir… que nenni ! Il profite pleinement de la traditionnelle
soirée du samedi soir, et finit parfois dans un état… n’ayons pas peur des mots…
pitoyable ! Vous me direz, il n’y a rien là d’exceptionnel, « moi aussi je peux le
faire » (prendre une cuite, pas monter un international). Certes, mais là n’est pas
l’exploit. L’exploit c’est que le lendemain matin, très tôt, est programmé l’épreuve
finale, le CSO. Et que mal aux cheveux ou pas, le cavalier pro soit là dès l’aube pour
la reconnaissance, l’oeil (presque) vif, l’esprit (quasiment) clair et les sens en alerte (à
peu de choses près). Et c’est au moment de son passage que l’on voit le surhomme,
CAR IL NE FAIT PAS D’ERREUR DE PARCOURS. Non ! Et il lui arrive même de
faire sans faute ! Incroyable, non ! Honnêtement, seriez vous capable de ce genre de
performance, surtout après une soirée au dessus de 3 grammes ?

Le cavalier professionnel a un dialecte particulier, surtout quand il parle de son
piquet de chevaux. Ses chevaux n’ont pas de nom, seulement un âge, et ils sont
toujours bons. Vous avez tous déjà entendu ce genre de phrase « oui, cette année j’ai
un BON piquet, avec un BON 6ans, trois BONS 5ans et deux BONS 4 ans…J’ai aussi
rentré un 7 ans, je crois qu’il sera BON… Tu te rappelles, mon BON 8 ans ? Ben je
l’ai vendu pour faire les juniors… je suis dégoûté, mon BON 9 ans est arrêté pour
blessure… ». Les chevaux du cavalier professionnel n’ont un nom que quand ils ont
fait les plus grosses épreuves « Oui, Bijou a fait un bon début de saison, il va bien, on
espère pouvoir faire tel concours » ou quand ils ont été vendus « Alors Mr X, Bijou va
bien ? Vous en êtes toujours content ? »
De toutes façons, les chevaux du cavalier pro ne sont pas des chevaux ordinaires,
ce sont des chevaux bioniques : « Oui, c‘est mon nouveau cheval, il est beau hein !
T‘as vu un peu le capot qu‘il a, crois moi, c‘est une sacré mécanique cette bête là ! Et
sur le cross, je te dis pas, c‘est un avion de chasse, il a un V12, je te jure, une vraie
fusée ! Ca me change de l‘autre, ok c‘était une petite mobylette sympa, mais en fin de
tour, en général, il y avait plus d‘essence… » … Non non, on est pas au salon de
l’auto, on est toujours dans le monde du cheval.
Parmi ce genre générique du cavalier pro, plusieurs profils distincts se remarquent
:
- Le sérieux : Il a bien retenu que dans « cavalier professionnel » , il y a le mot
« professionnel ». Il est là pour faire du sport, un sport noble, et tenter une belle
performance. Concentré comme du lait nestlé, il ne se laisse pas facilement distraire.
Dans son organisation, il y a un temps pour tout : quand on reconnaît un parcours, on
se met dedans à fond, on écoutera la dernière devinette sur « monsieur et madame
Forme ont 3 fils comment s’appellent ils ? » racontée par le boute-en-train de service
une autre fois. Là, présentement, on est là pour compter les foulées. Cela ne veut pas
dire qu’il ne sache pas s’amuser comme les autres, simplement, il choisit
minutieusement son moment. Il n’hésite pas à donner un coup de main au groom
débordé.

- Le stressé : il a noté que derrière « cavalier professionnel » il y a la notion de
responsabilité. A chaque concours, il donne le sentiment d’être sur l’épreuve de sa
carrière, de jouer sa vie. Oui, même sur la 4Abis de Trifouilli les oies bleues. Le
stressé nécessite des grooms très patients (ou sourds), car il leur répète chaque
instruction une bonne demi douzaine de fois, afin d’être sûr que tout soit parfaitement
fait. Et il défait systématiquement ce qui vient d’être fait pour le refaire. A la buvette,
en attendant son épreuve il boit un croissant, mange douze cafés, parle avec les mains,
fait des aller retour entre la feuille des résultats et le comptoir. Si vous voulez le
rendre heureux, donnez lui donc un trombone, qu’il s’occupe à faire quelque chose
d’utile et constructif ! Il fait beaucoup de reconnaissances, mais rarement une entière
d’un seul trait. Il peut en commencer une, s’apercevoir à l’obstacle 6 qu’il a oublié de
rappeler au groom qu’il doit mettre un tapis entre le cheval et la selle, revenir à la
reconnaissance, passer un coup de téléphone pour dire au groom d’attacher la selle au
cheval à l’aide d’une sangle vers le 12, re-revenir à la reconnaissance, aller monter un
dressage, puis re-re-revenir finir sa reconnaissance.

- Le Clown : Pour lui, dans « cavalier professionnel » il y a star. Le cavalier pro est
une vedette, et il le sait. Il aime sentir l’attention concentrée sur lui, n’importe quand.
Il fait beaucoup de choses pour cela. On le reconnaît à une gestuelle abondante, et une
voix très forte. Il est généreux et aime que le commun des mortels profite de toutes ses
conversations, toujours emminement intéressantes : « -IL FAIT CHAUD HEIN ! -
Euh, oui, c’est vrai… -BA ON VA FAIRE ATTENTION A PAS SE
DESHYDRATER ! -Euh oui, je vois ça…-BON ALLEZ, SUPER CONTENT
D’AVOIR FAIT TA CONNAISSANCE, CIAO - Euh, salut… ». Le clown est très
agréable, il est poli, gentil, et drôle. Il a beaucoup d’esprit, et montre bien qu’au fond,
tout au fond, mais alors vraiment très au fond, il ne se prends pas au sérieux.

- Le chasseur : Pour lui, « cavalier professionnel » est synonyme
d’ « opportunité ». Il profite bien de sa notoriété… et de la vie. C’est même un TRES
bon vivant. Il sait qu’en tant que star, il a un certain avantage pour lier la conversation
avec les jeunes filles peu farouches en quête d’une idole. Il est toujours aux aguets,
prêt à se brancher en mode « séduction » dès que l’occasion se présente. Les
chasseurs sont reconnaissables au fait qu’ils s’associent en bandes, afin de laisser le
moins de chances possibles à une proie éventuelle. Ils vont jusqu’à profiter de la
hauteur que leur confère leur cheval pour scruter la foule, et ne pas risquer de laisser
échapper une occasion. Le chasseur n’est jamais rassasié, il chasse plus par plaisir que
par réel besoin, ayant le plus souvent tout ce qui lui est nécéssaire à la maison.

- L’artiste : Quand on parle du « monde du cheval », pour l’artiste, cela va plus
loin. C’est la planète cheval. L’artiste, comme son nom l’indique, pratique l’équitation
avec un art consommé. Il est très doué avec les chevaux. Surtout avec les chevaux.
Les humains, c’est une autre histoire… ce n’est pas qu’il est désagréable, non, c’est
juste qu’il vit dans son monde à lui « artiste-land », monde mystérieux et
impénétrable pour tout le monde, sauf pour lui. L’artiste est extrêmement admiré,
d’autant plus que personne n’a jamais réussi à comprendre sa façon de faire, les
meilleurs membres d’interpol et de la CIA s’étant cassés les dents sur son cas.

- Le gentil : Par bonheur, c’est la classe la plus abondante. Le gentil n’hésite pas à
prendre sur son temps pour signer des autographes, faire des bises, serrer des
paluches. On peut le reconnaître à la tendance qu’il a à caresser son cheval après un
bon tour MEME SI PERSONNE NE REGARDE. Il est même en général équipé en
carottes, sucres ou autres pommes. Le gentil nous rappelle que finalement, le cavalier
pro est un être humain comme les autres…

On voit que comme les coachs et les parents, les cavaliers professionnels peuvent
revêtir différents aspects. Il n’y en a pas deux exactement semblables, mais ils ont
quelque chose que tout le monde leur envie : du talent.

A suivre… les cavaliers amateurs
Par sbs007 - Publié dans : les cavaliers et les autres
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Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /Mai /2007 17:10
Ci-après la reprise d'une note publiée par Clémentine Sperry sur le complet.com, qui croque les juges en concours complet...

Les juges

Au sein des bénévoles cités précédemment, il y a une catégorie que j’ai oublié, la
plus redoutée. C’était sciemment afin de retarder le plus possible le moment crucial
où il me faudrait parler de ces créatures. Arrive donc maintenant le moment de parler
du cauchemar des cavaliers. J’en tremble d’avance. Vous les avez déjà vus également,
ce ne sont pas des gens normaux. Ils sont effrayants, ils ont l’autorité suprême. Ils ne
sont là que dans le but de terroriser les cavaliers. D’ailleurs, une légende circule sur
leur compte, comme quoi ils ne se nourriraient que de viande de cheval crue (qu’ils
mangent avec les doigts, en plus !). Au secours, LES JUGES SONT PARMI NOUS
!!!

Les juges forment une terrible corporation . Tout cavalier de complet s’est un jour
retrouvé à passer devant eux. Comme on peut parfois se sentir seul dans ces moments
là ! … d’autant plus que le cheval est rarement d’un grand soutien moral dans ce cas.
Pour percer le mystère de leurs pensées nébuleuses, il faut tout d’abord être conscient
d’une chose : ces gens là ne sont pas comme nous :
Déjà vouloir être juge, c’est étrange. Pourquoi veut on être juge ? La réponse
donnée unanimement par les cavaliers qui ont raté une reprise de dressage est la
suivante : c’est pour assouvir un besoin de vengeance en s’en prenant à d’innocents
cavaliers. Les juges seraient donc des créatures perverses, nées pour faire du mal à
leur prochain (en particulier si le cheval du prochain est en coups de cul sur le
rectangle, mais là n’est pas la question).
Les cavaliers ayant au contraire réussi une belle reprise pensent, eux, que c’est
pour le plaisir de voir évoluer des cavaliers et des chevaux. Mais si la fois suivante ils
ratent leurs reprises, ils rejoignent alors en général l’avis des premiers cavaliers cités.
La conclusion est donc que le juge est foncièrement méchant.

Si on se préoccupe des habitudes des juges, on remarque également des choses
étranges, de celles que quelqu’un de censé ne ferait pas.
Tout d’abord dans certains concours, le juge s’enferme avec son(sa) secrétaire dans
une voiture, pendant une bonne partie de la journée. Autrement dit, l’été, il brûle
(effet sauna), même si il ouvre les vitres (et il ne faut pas trop ouvrir les vitres, car il y
a parfois une taupe du concurrent en piste qui vient filmer pour écouter les notes). Le
pire pour le juge, dans ce cas là, c’est d’être enfermé dans une voiture avec des sièges
en cuir : non seulement il fait très chaud, mais en plus on peut se brûler (et encore,
prudent, le juge ne se met pas en short, alors que le secrétaire non averti peut
commettre cette erreur, et laisser une couche d’épiderme sur ledit siège). Si au
contraire il fait froid, sa position n’est guère plus enviable : emmitouflé de telle façon
qu’à côté de lui bibendum a l’air d’une gracile ballerine, il ne peut pas mettre le
chauffage, sous peine de buée. Et il ne peut pas garder ses vitres hermétiquement
fermées, car il faut communiquer avec les cavaliers venus poliment saluer. Mais dans
ce cas, la position du secrétaire est pire encore : c’est très dur d’écrire avec les doigts
gelés.

Sur les concours hauts de gamme, les juges ne se trouvent plus dans une voiture,
mais dans une cahute qui leur permet de dominer la situation. Et ces cahutes, c’est le
grand luxe : 1 table, 2 chaises, 3 mètres carrés. Et c’est tout. Ah non, pas tout à fait !
C’est aussi en général meublé de courants d’air. Dans certaines de ces cahutes, il faut
espérer que juge et secrétaire s’entendent bien, étant donné la proximité forcée qu’ils
doivent subir. Il faut également souhaiter que l’un n’ait pas abusé de l’after-shave ,
afin que l’autre ne fasse pas un malaise par manque d’oxygène.

Il semble également que leur tenue vestimentaire démarque ces personnes des gens
normaux, en particulier sur les internationaux. En effet, nous avons vu qu’ils se
localisaient essentiellement à l’ombre. Pourtant, ils arborent fièrement un couvre chef
(surtout les mâles de l’espèce). Or un chapeau, c’est originellement fait pour se
protéger du soleil ou de la pluie, donc inutile en intérieur. Il apparaît donc que les
juges ont tous un ou deux chromosomes de blonde (d’autant plus que c’est impoli de
garder son chapeau à l’intérieur). Quand au reste de leur tenue vestimentaire… quels
frimeurs ! Grande classe en général ! Costume avec cravate pour les hommes, tailleurs
pour les femmes. Là encore ils veulent se démarquer des gens ordinaires, de la plèbe.
Tandis que les grooms et que le public sont sobrement en jean-pull, que les cavaliers
ont la tenue passe partout bottes-pantalon blanc (très pratique et pas du tout salissant
quand on manipule des chevaux), les juges veulent en imposer par leur allure, et faire
honte au commun des mortels.

Quelquefois, des juges courageux s’aventurent sur le terrain de cross, afin de
vérifier que le chef de piste n’ait pas programmé un génocide de masse ; dans ce cas,
ils deviennent beaucoup plus durs à reconnaître, puisqu’ils changent de vêtements
pour s’habiller comme tout le monde (enfin comme tout le monde sur un terrain de
complet, essayez donc d’aller au bureau avec des grosses bottes en caoutchouc kaki
par dessus un jean !).
D’autres juges peuvent être aperçus dans les tribunes de CSO, où les conditions de
confort sont les mêmes que celles des cahutes de dressage : froid (ou chaud), et les
éléments qui s’acharnent contre le papier sous toutes ses formes : vent (pour qu’il
s’envole), pluie (les membres du jury doivent alors faire écran de leur corps pour que
le cavalier ait une chance de déchiffrer son protocole).

Les juges ont une autre particularité : ils n’ont pas d’amis. Pourquoi ? Mais pour
ne pas les favoriser. Si un juge a un ami, on entend forcément sur le terrain des gens
dire « oui mais c’est son copain, c’est pour ça qu’il l’a bien noté » (même si « il » est
dernier du dressage). Ou inversement, quand le juge a mal noté, voir l’ami en question
arriver fâché, protocole en main, et le menacer des pires sévices « tu m’as mis un 4,
j’te cause plus, t’es plus mon copain ! ». Donc le juge n’a pas d’amis, à part
éventuellement d’autres juges. Mais de toutes façons, qui voudrait être ami avec un
juge ? c’est comme avec un inspecteur des impôts (pardon les inspecteurs des impôts,
je plaisante) ou un huissier (pardon, je plaisante aussi… quoique…).

Des observations personnelles m’ont amené à remarquer quelque chose de
surprenant : les juges n’aiment pas la lumière du jour. Ils la fuient comme la peste. Il
ne sortent que tard de leur cabane, quand le soleil baisse. Ils sont souvent habillés de
couleurs sombres. Comme les vampires, finalement. De plus, ils sont avides, attirés
par tout ce qui brille, c’est pour ça qu’on les voit enfin lors de la remise des prix,
tenant la coupe de leurs mains crochues.

Le juge est un animal à sang froid, comme la vipère ou l’alligator, par exemple (au
hasard), et il vaut mieux pour lui. Car le juge doit rester zen, très zen, et pratiquer la
respiration abdominale quand il est poursuivi par un parent armé du protocole et du
film de la reprise du rejeton. Il doit donc expliquer froidement et calmement (avec des
mots simples) pourquoi le canard en sucre n’est pas premier après une si ma-gni-fique
reprise. Ou que la seconde erreur sur la reprise coûte 4 points, et non pas 2, ou
que non, on ne peut pas dérouler avec des guêtres, même si Bijou a les tendons
fragiles. Avis aux râleurs : c’est interdit de crier ou de taper sur les juges, si si, et c’est
même puni par la loi (info qui m’a été transmise par Bob). Ceci apparenterait donc le
juge au genre humain, malgré tout.

Pour résumer, on peut donc voir que les juges sont frimeurs, cruels, avides, pervers,
masochistes, associaux et blondes. Mais que ce sont malgré tout des êtres humains.
Mesdames et messieurs les juges, pardon ! On ne pourrait rien faire sans vous !

A suivre… les cavaliers pros
Par sbs007 - Publié dans : les cavaliers et les autres
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Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /Mai /2007 17:07
Ci-après la reprise d'une note publiée par Clémentine Sperry sur le complet.com, qui croque les bénévoles en concours complet...

Les bénévoles

Si les organisateurs de concours devaient éditer un guide de survie, il s’intitulerait
probablement « savoir déléguer ». En effet, même si il est plein de bonne volonté,
l’organisateur ne peut pas tout faire tout seul. Il doit donc se faire aider par d’autres
personnes, les BENEVOLES.On les appelle ainsi à cause d’une de leurs particularités
: bien que travaillant très dur tout au long de la journée, le bénévole n’a pas besoin
d’être payé. Il ne va pas jusqu’à vivre d’amour et d’eau fraîche, mais peut tout de
même se contenter de sandwich et de bière fraîche (coca pour les plus jeunes). Le
bénévole est une aide précieuse pour un organisateur, et il y en a de toutes sortes,
aussi indispensables les unes que les autres :

- Le commissaires au paddock : il est une incarnation de l’autorité sur le concours.
Sans vouloir faire de jeu de mot douteux, il est celui qui dit où et quand. Il est
aimable, si vous passez en début de journée, ou si vous êtes poli avec lui : « excusez
moi, combien de chevaux avant le numéro 23 ? » « Attendez, je regarde… 3 chevaux,
je vous appellerai quand ce sera à vous »-sourire aimable-… Bon ça c’est une vision
utopique. En général le 23 ne s’est pas présenté et le commissaire hurle de toute la
force de ses poumons pour couvrir la musique (son mégaphone ne marche jamais) :
«Il est où le 23 ? Le 23 ààààà laaaa pooooorte. Dépêchez vous où je vous déclare non
partant ! Et vous, restez pas arrêté là, vous avez fini, vous dégagez le passage ». Bon
d’accord il arrive fréquemment qu’il soit aussi avenant qu’un usager du RER en
période de grève. Mais il faut se mettre à sa place : personne en début d’épreuve et
tout d’un coup ils arrivent à 50 sur le paddock en ne comprenant pas pourquoi il y a
une heure d’attente. Sans parler des coachs sournois qui veulent faire passer tous leurs
élèves à la suite, alors qu’ils ne sont même pas dans l’ordre des numéros. Il y a
également les cavaliers avec des souhaits particuliers : « Mon cheval ne supporte pas
de passer après un alezan, pourriez vous me décaler de façon à ce que je passe derrière
un autre cheval, de préférence un gris ? » Le commissaire au paddock finit
généralement aphone, avec une migraine carabinée et une haine profonde pour tout ce
qui peut s’apparenter à un être humain. Si ce n’est pas le cas, il faut saluer sa
magnanimité.

- les secrétaires au dressage : en général désignés volontaires. Peu de personnes
demandent à être secrétaire d’office pour une raison bien simple : ce sont ceux qui
doivent être opérationnels le plus tôt le matin. Et quand il y a beaucoup de partants, ça
peut être vraiment très tôt. Leur rôle est de transcrire la parole sacrée du juge sur le
protocole, et aussi accessoirement les notes. Le secrétaire de dressage est d’ailleurs
souvent une secrétaire. C’est en général une cavalière des écuries relativement jeune,
mais il n’est pas nécessaire d’être cavalier pour remplir ce rôle. Il n’est d’ailleurs
même pas indispensable d’être bon en orthographe, pour preuve, certains protocoles
(authentiques !) : « ô deçu 2 la m1 » (au dessus de la main), « mq d1puls° » ( manque
d’impulsion), « défanse » (sans commentaire), « anches dékalé » (!!!). Bon,
évidemment ce sont les pires exemples. Il y en a qui sont soucieux de leur
orthographe, pour preuve, ils n’écrivent pas les commentaires des juges, se contentant
des notes. Je reconnais qu’il est difficile de tout écrire, d’autant plus que si il y a 80
chevaux à voir, on risque la tendinite du poignet : pour l’éviter c’est simple, si le stylo
fume, c’est trop rapide, ralentissez la cadence. Il arrive aussi que la tâche de noter les
chevaux puisse incomber aux secrétaires sur quelques figures, pendant la digestion du
juge, le temps d’arriver à le tirer de sa léthargie.

- les commissaires aux obstacles : ils sont également indispensables. Armés d’un
talkie-walkie (avec lequel il ne leur arrive JAMAIS de jouer, ne soyez pas mauvaise
langue), d’un casse-croûte, d’un sifflet, de papier, de stylo (dont on s’aperçoit qu’il ne
marche pas seulement quand on est arrivé à l’obstacle le plus éloigné du cross), et,
selon la saison, d’une casquette ou d’un parapluie, ils vont vaillamment affronter les
éléments et accessoirement regarder les chevaux sur le cross. Certains ont de la
chance, et sont assignés à des obstacles tels que le gué, où on est sûr d’avoir du
passage et du spectacle. Mais d’autres sont responsables d’un obstacle simple perdu
au fond des bois. A ceux là le temps peut paraître bien long. Surtout que quand il y a
une distribution de vivres, ils sont toujours ceux qu’on oublie. Il ne faut jamais
prendre un myope pour ce rôle, les chevaux passant normalement relativement vite.
Ou alors il faut que les dossards soient bien imprimés en gros. « obstacle n°5 a-b bien
franchi par le dossard numéro… euh… numéro… le bai brun qui s’éloigne »

- les ramasseurs de barres : Encore une tâche ingrate où l’on subit les éléments. Le
ramasseur de barre est quelqu’un de foncièrement bon et égalitaire. Il souhaiterait que
tout le monde soit sans-faute. Hélas, c’est rarement le cas. Le ramasseur de barres
maudit donc assez souvent le chef de piste, en particulier s’il pleut . Ils doivent être
bien équipés : sinon à eux les coups de soleil (prière de mettre de la crème en plus de
la casquette) ou le rhume (pensez à mettre des bottes et un imper), les échardes
(mettez donc des gants aussi), les bleus et les moqueries quand un obstacle détruit
retombe pendant qu’ils le remontent le plus vite possible. Et je ne parle pas de
l’acharnement des cavaliers à essayer de leur galoper dessus à tous prix.

- le speaker : c’est la tâche noble par excellence. Il est celui qui a l’ « organe ». Il
est la voix du concours. C’est à lui qu’incombe la lourde responsabilité de mettre, et
de conserver une ambiance sur le terrain. On doit sentir sa voix exaltée vibrer
d’émotion au passage de chaque couple, oui, même le 143ème de la journée. Il doit
garder l’esprit clair également, même quand il y a trois chevaux en même temps sur le
cross : « le dossard 47 Bijou Ier vient de s’élancer hors de la boite de départ, tandis
que Bourricot III a bien franchi la combinaison de la boucherie Sanzot et que
Bravebête approche du gué des raviolis Nonalitos,…ah non, de la butte du jardinier
joyeux… euh, non, attendez, c’est Bourricot III qui approche de la butte, euh… ou
pas… enfin quels qu’ils soient elle est bien franchie, et Bijou Ier est sans faute dans
un temps de… euh non, vient de franchir le numéro 3 … le concurrent suivant peut
s’approcher de la boite… ». Tâche ardue que certains ont décidé de minimiser : « le
47 est parti……. Le 47 est rentré »

- Plus dans l’ombre, invisibles des visiteurs du concours, sont les calculateurs
divers : chronométreurs, secrétaires qui alignent sans faillir des chiffres toute la
journée, et à toute allure. Le chronométreur est ravi de l’ère des cellules, qui lui
permet de ne plus risquer d’ampoule au pouce. La secrétaire est ravie de l’invention
d’Excel, qui lui évite de devoir acheter des actions chez Dolicrâne. Mais aucun des
deux n’est ravi d’entendre les cavaliers perpétuellement en colère râler contre la
lenteur d’arrivée des résultats.

- il y a d’autres bénévoles au centre névralgique du concours, j’ai nommé la
buvette. Ici c’est une histoire de comptes. Les consommateurs déblatèrent et
éventuellement règlent leurs comptes entre eux. Le soir l’organisation se frotte les
mains pendant que d’autres pleurent en fermant leurs comptes : « Ah bon, tant que ça
! Remarque il faisait chaud, il faut se réhydrater, et puis il paraît que l’eau, ça fait
rouiller ». La buvette est l’endroit où tout se passe sur les concours (enfin tout ce qui
ne nécessite pas la présence de chevaux) : C’est là que se forment les amitiés, que
sont affichés les résultats, qu’a lieu la remise des prix. C’est là qu’on fête les choses
ou qu’on noie son chagrin, c’est là qu’on fait les annonces officielles de toutes sortes.
Ah oui, et accessoirement, c’est aussi là qu’on mange. La buvette souffre souvent du
même souci que le commissaire au paddock il y a des heures creuses… et d’autres
moins creuses, de la famille de la ruée vers l’or (mais sans les coups de pioche). Il
semble donc que quel que soit le concours, les cavaliers et coachs aient tous une envie
de café en arrivant, un creux vers 10h, très faim vers midi, puis soif en milieu d’après
midi. D’ailleurs c’est à se demander si les embouteillages du paddock ne sont pas liés
à ce cycle : après s’être restauré, le cavalier peut aller sereinement affronter son cross
(ou après avoir bu un peu pour se donner du courage). Et ils sont donc tous prêts en
même temps.

- l’homme à tout faire. Bien sûr cela peut aussi être une femme. Comme son nom
l’indique, il est partout et remplit de nombreux rôles : Le matin il guide les camions
dans le parking (bon les vans aussi, il n’est pas sectaire), puis il effectue des aller et
retours entre les cahutes de jury et le secrétariat pour l’approvisionner en protocoles,
sur un vélo, pour faire peur aux chevaux qui déroulent, afin de pimenter l‘ambiance. Il
va acheter du pain en urgence quand la buvette est à sec. Il court punaiser les résultats
(enfin il aimerait bien, mais un mur de cavaliers avides l’empêche d’accéder au
panneau d’affichage). Il sait également conduire un tracteur pour herser les carrières
ou sortir les camions du parking, les jours pluvieux. Il va réparer un obstacle du cross
en catastrophe. Il pense aussi à ravitailler les commissaires aux obstacles en vivres/
batteries de talkie-walkie (sauf celui de l’obstacle tout seul au fond des bois dont j’ai
déjà parlé). Et bien sûr tout cela avec le sourire, parce que c’est quand même très
chouette d’organiser des concours. Mais vivement le lundi, pour pouvoir se reposer.

A suivre… les juges

Par sbs007 - Publié dans : les cavaliers et les autres
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Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /Mai /2007 17:06
Ci-après la reprise d'une note publiée par Clémentine Sperry sur le complet.com, qui croque l'organisateur en concours complet...


L’organisateur

Je poursuis mon tour d’horizon des gens du complet, et m’aperçois que certains
sont souvent négligés et restent dans l’ombre : je veux parler des organisateurs. C’est
injuste ! Ils sont quand même un des éléments principaux de notre beau sport (si si,
l’équitation est un sport). Sans eux, pas de concours. Alors avant toutes choses, merci
à vous et à votre dévouement (mais non je fayotte pas !).

Une chose est sûre, l’organisateur est un être de l’ombre. Comme la fourmi, il est
humble et besogneux et court partout, sans arrêt. En une journée de concours,
l’organisateur peut dépenser plus de calories qu’un marathonien aux jeux olympiques.
Car pour être un bon organisateur, il faut soit avoir une solide paire de jambes et de
poumons, soit une moto ( le luxe), soit savoir déléguer ( le grand luxe). A la fois
Nounou, patron, chef d’orchestre, ingénieur informatique, service communication,
ramasseur de barres, conducteur d’engin, chef de piste, bûcheron et coursier,
l’organisateur est un homme aux multiples casquettes, très (trop) nombreuses pour
une seule tête.

Il faut savoir que le rôle de l’organisateur ne commence pas le jour J. Non ! Il y a
beaucoup de sueur dépensée en amont. Cela commence bien avant : les organisateurs
sont des animaux grégaires à l’instinct de migration : L’hiver précédent la saison, on
assiste à des regroupements d’organisateurs en troupeaux, lors de réunions pour fixer
le calendrier. L’idée étant d’éviter de préférence d’avoir 5 concours la même semaine
dans la même région, puis plus rien pendant 6 mois. Comme ça, ça semble assez
évident. Quelle candeur ! Pour des raisons inexpliquées, ils veulent tous le même
week-end. Non pas celui d’avant, Il y a la fête de la betterave musclée dans le village
d’à coté, ce sera dur de trouver des bénévoles. Non pas celui d’après, c’est le mariage
de la cousine par alliance du frère du copain du voisin de la belle soeur. Impossible de
rater ça. Non pas celui d’encore après, c’est celui où il part en vacances (Bon là c’est
de la pure fiction, tout le monde sait que les professionnels du cheval ne partent
jamais en vacances, et surtout pas pendant la saison de concours, mais j’écris
beaucoup d’âneries, je suis plus à une près !). Donc cette réunion de gens civilisés
peut parfois tourner à une soirée à thème « c’est qui qui crie le plus fort ».

Une fois ces petits tracas de calendrier réglés, il faut préparer le susdit concours.
Parce que à ce qu’il paraîtrait, il ne suffirait pas de semer des graines d’obstacles et de
lisses de dressage en hiver pour qu’elles poussent au printemps (dommage). Non : les
obstacles il faut les construire. Pour de vrai. Et pour ça il faut pas mal de choses : des
sous, pour acheter les matériaux nécessaires, des outils (à la lime à ongle et au couteau
à beurre, c’est beaucoup plus long), un chef de piste, pour décider quoi construire
exactement, et des bras, pleins, prêts à se planter allègrement des clous et des échardes
dans les mains. Et tout ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval ( je sais, j’ai
vérifié). L’organisateur doit donc user de son temps pour se fournir toutes ces choses
indispensables. C’est la phase que l’on appelle communément le démarchage
(prononcer léchage de bottes) : celui de partenaires (prononcer sponsors), du chef de
piste (toujours très courtisé) et de tout bénévole potentiel (double léchage de bottes si
il est possesseur d’une tronçonneuse ou d’une usine de clous).

Il y a aussi un travail d’artiste à effectuer, je veux parler de la décoration des
obstacles. En effet, même si le tour est bien construit et le sol excellent, si il n’y a pas
une jolie décoration, les cavaliers risquent de râler (oui, les cavaliers râlent beaucoup).
Il faut donc s’armer de peinture, de pinceaux et éventuellement de fleurs et autres
tuyas. La peinture sert également pour les barres d’hippique. Apparemment les barres
de concours ne viennent pas d’une espèce spéciale d’arbre qui pousse bariolé. En fait
à l’origine, il semblerait que le bois des barres soit d’une triste couleur maronnasse.
C’est encore le travail de l’organisateur de les faire ressembler le plus possible à un
jeu de mikado grâce à des couleurs vives, afin que cavaliers et quadrupèdes puissent
gaiement s‘exercer au jeter de quilles. Tout ça pour qu’au final cette peinture
appliquée avec beaucoup d’amour et de minutie termine par orner les sabots d’un
équidé distrait. « Non il a pas touché l’oxer numéro 3, le vert… de la peinture verte
sur l’antérieur droit ? … c’est curieux, je me demande d’où elle peut venir…
remarque c’est joli, c’est assorti au jaune qu’il y a sur le postérieur… »

Le jour J :
Comment reconnaître un organisateur aguerri mais dépourvu de moto ? C’est
simple, il a les mollets d’un cycliste sous stéroïdes, la voix de Bonnie Tyler après
douze paquets de cigarettes, et l’air épuisé d’un homme dont la femme met 48 heures
à accoucher (72 heures à la fin du week-end). C’est une espèce migratrice et très
difficile à localiser. On peut la trouver aussi bien à la sacro-sainte buvette qu’au
volant d’un tracteur en train de tirer un camion ou bien encore s’agitant
frénétiquement autour d’un ordinateur en psalmodiant des incantations connues de lui
seul « Fichûmachyne ! Melâchepamaintnant ! Et (censuré) illaplanter
pamouaillindeusortirunklassmen . Fôfairkekchose oulékavaliévonralé. Aller, s’il te
plait Georges (car son ordinateur s’appelle Georges) !!!». Parfois cette incantation
suffit, parfois elle s’assorti d’une vigoureuse claque sur la machine en question. Il ne
faut pas en vouloir à l’organisateur. Il est sous pression et vit dans la crainte
perpétuelle des cavaliers. Car si ils viennent le voir avant la fin du concours, c’est soit
pour exprimer leur mécontentement, soit pour tenter de soutirer un apéro gratuit à la
buvette. Et si ils viennent le voir après la fin du concours, c’est soit parce que leur
camion est embourbé, soit pour (mais si, ça arrive !) le féliciter.

Une fois les épreuves de la journée terminées, tout n’est pas fini pour le courageux
organisateur. A l’aide de quelques non moins courageux bénévoles, il va remettre les
fanions pour les cross du lendemain, dans le froid et l’obscurité, armé d’une unique
lampe torche dont l’éclairage vacillant suffit à peine à percer le ténébreux manteau de
la nuit. Ombres parmi les ombres, seuls, isolés, transis, ils ne faillissent cependant pas
et vont au bout de leur tâche sacrée, prêts à se sacrifier pour… (là j’en fais peut être
un peu trop quand même !). Bref, ce que je veux dire, c’est que pendant qu’il y en a
qui prennent un repos bien mérité à la buvette, pour se remettre de leurs émotions ou
pour préparer le lendemain, les organisateurs, eux, vont encore tout fignoler en
profitant qu’il n’y ait pas un de ces fous à cheval. En effet, il semble que pour certains
cavaliers, les bipèdes ne soient qu’une variante de directionnels particulièrement
ardue à négocier. Ceci n’est pas valables pour les cavaliers qui articulent nettement
cette phrase bien connue : « au secours, je suis embarqué !!! ».

Évidemment le dernier soir, il n‘y a plus de fignolage à faire, mais là l’organisateur
a encore une tâche très délicate : il doit vidanger les restes de la buvette. Cette mission
de haute confiance ne peut en aucun cas revenir à quelqu’un d’autre. C’est pour cela
que le dimanche soir on le retrouve épuisé juste à cet endroit, avec quelques bénévoles
particulièrement dévoués. Quand au teint rouge que l’on peut leur remarquer ce soir
là, il est bien évidemment dû aux coups de soleil du week end. Oui, même si il a plu
pendant trois jours et qu’il avait une casquette et un parapluie.

Évidemment, parfois l’organisateur est malin, il délègue. C’est meilleur pour sa
tension mais nettement moins bon pour son cholestérol. En effet, dans ce cas, on le
retrouve à la buvette, devisant gaiement avec les coachs devant une bonne assiette. Il
est alors muni du traditionnel talkie-walkie qui lui permet de prendre des nouvelles de
son équipe et de lui donner ses instructions (prononcer ordres). sans se déplacer, en
particulier de ses commissaires aux obstacles qui sont très éloignés et de plus en train
de grelotter sous la pluie ou de brûler au soleil, selon la saison : « Quoi ? Il y a une
planche de ton obstacle qui a bougé, et il faut la reclouer ? Nan je peux pas venir, je
suis déjà occupé, je vérifie la qualité des frites. Attends J’appelle X » « Ouais, allô
X, faut que t’ailles à l’obstacle 8 remettre des clous. Nan, il veut absolument que ce
soit toi. Nan je peux pas te passer le Quad, je le garde au cas où on m’appelle en
urgence ».

Et après tout ça, à la fin de ces journées épuisantes, le regard dans le vide,
l’organisateur pense déjà à son prochain concours, parce que, quand même, organiser
des concours, c’est drôlement sympa !

A suivre… les bénévoles
Par sbs007 - Publié dans : les cavaliers et les autres
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Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /Mai /2007 17:00
Ci-après la reprise d'une note publiée par Clémentine Sperry sur le complet.com, qui croque le coach en concours complet...

Le coach

Être suprême, mystérieux et pourtant omniprésent, le coach est indissociable des
terrains de concours. On est sur d’en rencontrer à chaque fois, que dis-je, on a
régulièrement l’insigne honneur de croiser son chemin. Le coach est l’autorité absolue
en ce qui concerne l’art équestre. D’ailleurs, en langue Khavallié, Coach ne signifie-til
pas « celui qui sait » et en langue Aikaistre « celui qui apporte la lumière » ? Non ?
Bon. Mais si ces langues existaient, ce serait à coup sûr ce que cela signifierait. Tout à
la fois autoritaire et bienveillant, directif et paternaliste, le coach se place au dessus du
niveau des simples cavaliers. Ses yeux traduisent bien cette complexité. N’avez vous
jamais remarqué cette étincelle si particulière dans son regard, lorsqu’il vous surveille,
qui peut relever parfois (bon d’accord, souvent, en ce qui me concerne) du désespoir
et parfois aussi (plus rarement) de la fierté ? Attention à ne pas la confondre
cependant avec une autre étincelle particulière, dite « étincelle du Kir », qui peut être
présente en cas de victoire du disciple, mais aussi en cas de plantage lamentable. Cette
étincelle n’est normalement jamais présente avant le repas du midi (il y a des
exceptions). Mais cette étincelle du Kir n’est pas spécifique au coach, alors que le
regard mystique de celui qui connaît les vérités cachées, oui.
Car l’élève n’est pas seulement élève, il est disciple. Il est là pour recueillir
avidement le savoir que le Maître lui distille avec parcimonie. Il espère, sans jamais y
croire vraiment, arriver un jour au niveau du grand homme ( ou de la grande femme).
Oui, car même si il fait 50cm debout sur un tabouret les bras levés, le (la) coach, reste
grand.

A quoi le reconnaît-on ? Il y a des indices irréfutables. Le coach arpente le terrain
de concours à grandes enjambées conquérantes. Il a le regard fier, l’oeil vif, et si il
pleut il est celui qui a pensé à emmener un imperméable ET un parapluie ET des
bottes en caoutchouc (et il y a souvent le nom de son écurie imprimé au dos de son
blouson, pour ceux qui n‘arrivent pas bien à analyser les démarches et les regards).
Car ce demi dieu lit dans l’avenir. Vous en avez probablement déjà eu la preuve en
reconnaissance : quand il vous dit « attention à cet obstacle, ton cheval va essayer de
te le dérober » et que JUSTEMENT votre cheval le dérobe. Si ça c’est pas une
preuve!
Les coach se reconnaissent également entre eux et cohabitent très bien au bords
des paddocks. C’est là (et non à la buvette, comme le voudrait la légende) qu’ils
communiquent le plus. Ils parlent bien entendu de leurs élèves respectifs tout en
observant l’échantillon de cavaliers présents d’un oeil d’expert. Ca c’est le coté
officiel. Mais en plus, ils se donnent des nouvelles les uns des autres et échangent les
derniers potins du milieu équestre. Ceci évidemment UNIQUEMENT dans un but
pédagogique, puisque c’est pour ensuite les raconter à leurs élèves. Cependant,
contrairement à la blonde, le coach est multifonctions : il peut parler à ses confrères
tout en faisant détendre un ou plusieurs élèves. La parole du coach en bord de
paddock est donc bien mystérieuse pour les non initiés : « salut, comment ça va
depuis- là c’est pas mal, essaie de l’avoir comme ça mais en moins crispé- le week
end dernier ? Tu sais pas ce qui m’arrive comme pépin avec- ta jambe droite plus
reculée, là tu lui chatouille l’épaule avec- mon camion ? Il faut que je le fasse repasser
au contrôle des mines. C’est- l’éperon. Bon, c’est pas si mal, maintenant tu vas
essayer d’agrandir - la galère, je sais pas quand je vais trouver - ton cercle sans qu’il
s’échappe - le temps de l’emmener… ». Pas si évident que ça à suivre. Pour ma part,
je me demande si ce genre de situation n’est pas à l’origine de nombreuses collisions
non expliquées entre cavaliers sur les détentes.

Évidemment, au sein de cette noble caste, il y a différentes espèces de coach :

La plus remarquable est celle de Saint-coach, le grand homme, qui, tel le berger
landais perché sur des échasses, observe son cheptel avec une certaine hauteur. Et ce
cheptel est nombreux, car la réputation de Saint-coach n’est plus à faire. Il se
reconnaît facilement lors de ses déplacements sur le terrain de concours par la dizaine
de culottes blanches disciplinées qui le suit et à qui il prodigue sa parole d’évangile.
Personne ne la discute jamais, c’est tout juste si timidement on ose lui poser des
questions. Cependant Saint-coach est bon, il n’est donc pas avare de son temps et de
ses conseils. D’un sourcil bienveillant, il accède aux demandes de son public,
sobrement. En effet Saint-coach est sobre en actes et en paroles (buvette exceptée). Il
ne s’énerve pas après son élève qui a fait une (des) erreur(s). Il se contente de lui faire
des remarques illustrant sa déception. Il peut éventuellement adresser quelques mots
d’encouragement si il sent que le besoin s’en fait sentir. Et si l’élève a brillé, il se
contentera de quelques mots de satisfaction tels que « c’était un peu mieux que la
dernière fois, mais il y a des choses à revoir » qu’il faut apprécier à leur juste valeur.
Saint-coach reste un être à part, en éternelle recherche de perfection. Et les élèves
l’écoutent religieusement, en quête de leur saint Graal, qui pour eux, encore plus
qu‘une coupe est cette simple phrase, rare « c‘était très bien ».

Le coach-paon est une sous espèce de saint-coach : il a quasiment les mêmes
caractéristiques que ce dernier, mais avec une nette tendance à l’exhibition. Non, il ne
se promène pas à la sortie des écoles avec un long imperméable par dessus sa tenue
d’Adam. Mais il ne marche pas, il se pavane, et en l’observant attentivement, on
remarque qu’il est en perpétuelle quête d’un public. Il n’est jamais aussi heureux
qu’entouré par de nombreux adeptes. Sans public, coach-paon est malheureux et
s’étiole, comme une fleur privée d’eau. Il est reconnaissable à un cheptel quasiment
exclusivement féminin.

Un autre type de coach, également assez caractéristique, est celui de coach-poule.
Cela ne veut pas dire qu’il se promène partout en caquetant habillé comme une
danseuse du lido (mais si jamais vous en croisiez un comme ça, ça m‘intéresserait
d‘avoir une photo). Non, coach-poule se veut simplement un parent de substitution.
Même si l’élève a 50 ans, il n’hésite pas à le consoler en cas de besoin. Car coachpoule
aime ses élèves et il fait tout ce qu’il peut pour qu’ils se sentent bien. Il peut
penser à emmener PLUSIEURS parapluies en cas de mauvais temps, ou n’hésite pas à
aider un élève fébrile qui ne sait par exemple plus à quel endroit exact du cheval on
met la selle, en préparant le cheval lui même. Il peut aussi prêter avec grande bonté
son vélo/sa moto a un élève fatigué. Coach-poule a toujours un mot gentil pour son
protégé, même si celui ci s’est fait sortir du carré avant le premier arret-immobilitésalut
« ton entrée était très bonne, juste sur la ligne du milieu, c’est bien ». Si le
protégé fait au contraire une performance brillante, coach-poule n’hésite pas à lui
montrer sa fierté avec force démonstrations de joie, qui peuvent aller de la tournée
générale à une étrange danse de la victoire qui consiste à faire des bonds désordonnés
sur place en agitant les bras (et en cassant donc les lunettes d’un imprudent voisin) et
en poussant des cris de guerre. Coach-poule vérifie également que son élève a bien
mangé et qu’il a les bonnes chaussures pour partir en reconnaissance. Et s’il a
plusieurs élèves, il n’hésitera pas à faire une description personnalisée de chaque
obstacle à chaque élève.

Le genre suivant est le coach-dragon. Comme son nom l’indique, il est le coach le
plus craint. Vivre sous le régime de coach-dragon inspire une effroyable terreur à ses
élèves. Les élèves de coach-dragon sont ceux qui font le plus attention à leurs actes et
paroles. D’ailleurs on parlera plus volontiers de victime que d’élève. En effet, à la
moindre erreur ou remarque, on s’attends toujours à voir de la fumée lui sortir par les
oreilles, puis que sa voix parte dans les ultrasons. Car coach dragon a raté sa vocation
: il aurait du être stentor à l’opéra, ou encore moteur d’avion au décollage, au choix. Il
crie vraiment, mais alors vraiment, très fort. Ses élèves possèdent un vocabulaire très
riche, en particulier en ce qui concerne les noms d’oiseaux, puisqu’ils en entendent de
très nombreux exemples, non seulement en concours, mais aussi tout au long de
l’année à domicile. Coach-dragon est celui qui a la plus grande autorité. Dans ses rang
règne une discipline de fer. Il ne félicite jamais une victime de ses bons résultats. Ils
sont normaux et naturels. C’est à l’élève de féliciter son coach.

Le coach-bon vivant est encore un coach d’un autre genre. Il aime beaucoup les
concours. Il y revoit des copains, il y a des jolis chevaux à regarder, la buvette est
sympa et en plus il fait beau. Le seul souci pour coach bon vivant, ce sont les états
d’âme de ses élèves. Il ne comprend pas bien pourquoi ils se montent la tête. Car
coach-bon vivant est un épicurien. Il profite de tous les plaisirs de la vie. Ses
reconnaissances sont en général assez succinctes, puisqu’il n’y a aucune raison de
s’inquiéter : « Alors en premier vous sautez le 1, ensuite le 2, après le 3, puis le 4, et
ainsi de suite jusqu’au dernier. On se retrouve à la terrasse de la buvette. » L’avantage
de ce type de coach, c’est qu’en général une franche bonne humeur règne dans son
équipe. Car sa joie est souvent communicative. On retrouve donc souvent cette équipe
en train de pique-niquer au soleil, tous ensembles, en parlant de choses et d’autres, ou
bien en train de fêter quelque chose à la buvette.

Le Pote-coach, quant à lui, comme son nom l’indique est bien plus qu’un simple
guide spirituel. Il est un véritable ami. Avec lui on rigole bien, on fait des soirées
sympas, on se raconte nos vies et on s’invite les uns chez les autres. Pote-coach est le
plus sympathique de tous, mais c’est à double tranchant : on conteste plus facilement
les remarques de pote-coach : comme il est un ami, il a perdu de son aura de
supériorité. Et on ne prend pas toujours bien ses conseils. L’astuce, quand on fait une
mauvaise performance, c’est de la mettre sur le dos d’une gueule de bois qui est
justement due à une soirée avec pote-coach. L’ennui c’est que en général, si le
cavalier a mal aux cheveux en ce dimanche matin à l’aube, alors pote-coach aussi, ce
qui rend le trajet en camion quelque peu monotone et silencieux.
On peut, très rarement, observer la variété de coach dite coach-touriste. Celui ci est
remarquable par son application à ne rien faire. Il vient au concours et repart du
concours, mais ce qu’il fait entre les deux est un mystère pour ses élèves. Ils ont bien
remarqué sa présence (c’est quand même lui qui conduisait le camion), mais ont peu
entendu sa voix. En réalité, il y a des raisons médicales à cet étrange comportement :
le coach-touriste souffre d’hypertrichose palmaire (devinez donc ce que ça veut dire,
c‘est un vrai terme médical), mal en général incurable, hélas.

Le dernier de cette liste est papa-coach : il s’agit d’une espèce relativement peu
répandue, mais qu’on peut observer chez les familles de cavaliers. Le père est le
coach de son (sa) propre fils (fille). Ce genre de situation permet d’observer une nette
désacralisation du rôle de coach, car contrairement à l’élève lambda, la progéniture
n’hésite pas à contester les remarques de l’autorité. C’est d’ailleurs très ennuyeux
pour papa-coach, pour peu qu’il ait d’autres élèves, car ceci leur montre que le coach
est faillible. Je ne m’étends pas trop sur papa coach, car son comportement recoupe
par moment celui des parents de cavaliers, décrits plus longuement dans un autre
article. C’est aussi chez papa-coach que l’on peut voir la plus belle et la plus légitime
fierté en cas de réussite, ainsi que malheureusement la plus amère déception en cas de
mauvais résultat.

Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance
avec des personnes existant ou ayant existé ne saurait être que fortuite… enfin à peu
de choses près ;-)
Par sbs007 - Publié dans : les cavaliers et les autres
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Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /Mai /2007 16:53
Ci-après la reprise d'une note publiée par Clémentine Sperry sur le complet.com, qui croque les parents de cavaliers en concours complet...

Les parents de cavaliers

Pour commencer cette série de portraits de personnages typiques qui hantent les
terrains de concours, j’ai choisi les parents de cavaliers. Pourquoi ? Eh bien pour
commencer, parce qu’ils sont une valeur sûre : on en trouve toujours un ou deux pas
loin. Ils sont également très différents les uns des autres, avec pourtant quelques
points communs. Et parmi tout ce microcosme équin, ils sont à mon sens les plus
enthousiastes.

Comment les reconnaître ? En général, le parent est reconnaissable à son
caméscope. Il existe différentes manières d’arborer cet outil : porté nonchalamment en
bandoulière à la buvette, il sera de préférence vissé à l’oeil quand la progéniture est en
piste. L’observation du parent en train de filmer est souvent un moment très
enrichissant. Tout d’abord, il arrive que certains oublient que le caméscope enregistre
les voix et les remarques (ce qui n’est d’ailleurs pas le cas seulement des parents de
cavaliers). Ceci occasionne des moments intéressants au visionnage, qui vont de
« excusez moi, pourriez vous vous poussez » à « vas-y mon (ma) chéri(e), c’est très
bien, allez, ouais, Aïe, non c’est bon, oulala » (répété à chaque saut), en passant par
tous les bruitages et onomatopées possibles qui peuvent indiquer la peur, le
soulagement la surprise, ou encore inciter le cheval à accélérer (même si il est
beaucoup trop loin pour entendre). Il faut savoir que quand un parent vit intensément
la prestation de son enfant, le caméscope peut accompagner les mouvements du
cheval, c’est à dire qu’il saute en même temps, et s’incurve bien dans les coins. Cela
peut malheureusement occasionner un léger mal de mer au moment du visionnage. Je
passe rapidement sur le cas du myope, qui perd régulièrement le cheval et le recherche
ensuite très vite, pour le filmer de nouveau avant de s’apercevoir que ce n’est plus le
même cheval ( je sais de quoi je parle, je suis moi même myope). C’est là qu’on peut
être heureux de posséder un cheval pie ou appaloosa, en tous cas qui sort de
l’ordinaire.

Hormis le caméscope, un autre point commun à beaucoup de parents est le sujet de
conversation. En l’occurrence il s’agit des performances de fils ou fille bien aimé(e).
Là il faut malheureusement faire un constat : il y a les parents objectifs, et puis il y a
tous les (nombreux) autres. Mais c’est bien normal, quand on aime…
Ce qui est agréable avec eux, c’est qu’ils vivent toutes les phases du concours avec
intensité, que ce soit le dressage, le cso ou le cross. Parfois même le repas du midi
entre dans la logique de la compétition, et il faut aussi soutenir l’enfant dans cette
dure épreuve : « T’es sûr que t’en veux pas un peu plus mon poussin ? Reprends en un
peu, tu vas avoir besoin d’énergie tout à l’heure. Aller, pour me faire plaisir ! » Cela
est également valable pour des poussins de plus de vingt ans.

Bien qu’il ait en général sa propre idée sur la valeur de la performance de sa
progéniture, le parent a besoin de l’approbation d’un tiers, qui peut être coach, autre
parent, juge, commissaire au paddock ou simple quidam : « C’était pas si mal, non
? ». Un conseil : il faut toujours approuver le parent fébrile, sinon c’est à vos risques
et périls : « attends, t’as pas vu, ou quoi ? Il s’en est plutôt bien sorti compte tenu du
cheval (de la météo/ de son expérience/ de la difficulté/ du retard/ de la configuration
du sol/ de son horoscope/ du CAC40...) » « Toutes façons t’as pas pu bien voir de là
où tu étais placé, attends, je te re(rererererere)montre la vidéo ». La vidéo est le
meilleur ami du parent anxieux.

Évidemment, il y a le parent opposé à celui là : celui qui en veut inconsciemment à
son enfant de l’avoir fait lever si tôt un dimanche, pluvieux qui plus est : « Nan mais
c’est quoi cette erreur sur ta reprise, tu l’as déjà déroulée vingt fois, ah j’te jure… ».
Il y a aussi celui qui veut devenir calife à la place du calife, ou plutôt coach à la
place du coach : « redresse toi, travaille les transitions…nan pas comme ça il est
ouvert…nan pas comme ça il est plaqué… mais c’est pourtant pas compliqué d’avoir
un cheval tendu !Reviens ici et remonte sur ce cheval im-mé-dia-te-ment, tu
m’entends ! Comment ça et ben t’as qu’à monter pour me montrer ! Tu sais
parfaitement que je ne monte pas à cheval ! »

La reconnaissance du cross est un moment privilégié pour l’observation des
différentes sortes de parents de cavaliers : on y reconnaît d’abord le parent aguerri
(celui qui a pris des bottes en caoutchouc ou des baskets) du parent novice ( en
chaussures de ville).
Selon le moment où est programmé ladite reconnaissance, la présence parentale sur
le cross est plus ou moins abondante : dense le matin, elle l’est nettement moins si elle
a lieu après le déjeuner (digestion oblige). La météo joue également un rôle important
sur cette présence : en cas de pluie, on observe une migration massive vers la buvette
du concours.
Pour les parents courageux qui font à tous prix cette reconnaissance, on peut noter
plusieurs catégories distinctes :
- Les anxieux : « ohlala ! C’est gros quand même ! T’es sur(e) que ça va aller ? »
Ceux-ci, bien que pleins de bonne volonté, n’aident pas toujours leurs enfants à garder
la tête froide « C’est pas sur cet obstacle que untel s’est cassé la clavicule l’an dernier
? ».
- Les blasés : « Ba quoi, c’est qu’une pointe, t’en as déjà passé pleins, pas la peine de
te monter la tête »
- Les méticuleux : « Hum, on dirait que la densité du sol est moindre à 23,5 cm de la
réception à 43 cm à droite du fanion blanc. Si on considère que l’angle d’approche
idéal de la combinaison est de 82° à condition d’être à 500m/min au moment de la
foulée d’appel, je pense que tu devrais en tenir compte dans ton abord ».
- Les artistes : « Très jolie la déco de ce toit de bergerie, t’as vu, ils ont même mis des
petits géraniums et des nains de jardin. Comment ça -Attends je compte les foulées !-
Quand même, quand les organisateurs se fatiguent à faire une jolie décoration, il faut
le souligner ! Tu m’écoutes quand je te parle ? Oh, et regarde cette magnifique
jardinière… »
- Les touristes : « Tiens, c’est quoi ce bâtiment au loin, ça à l’air grand. Ah oui, ça me
reviens, c’était dans le guide X, c’est le château du marquis de… qui est devenu le
musée du lacet en… à cause de tel coup d’état… Viens, on va le visiter, ça a l’air
intéressant ! Comment ça, tu voudrais voir le tracé du cross avant la nuit si ça me
dérange pas ? »

Parfois, le parent a une attitude étrange. Il s’inquiète beaucoup pour son
chéri/poussin/canard en sucre, sauf que celui ci n’est plus le cavalier, mais le cheval.
Cela peut donner des remarques surprenantes à entendre « c’était très bien mon chéri,
un refus c’est pas grave, ça peut arriver…et puis le principal c’est pas de gagner, c’est
de participer. Ca va passer ton gros chagrin, t’inquiètes pas, maman est là…et toi,
pourquoi tu l’as tapé, hein, t’avais qu’à bien monter ! … allez viens mon chéri,
maman va quand même te donner des carottes ».

Après avoir dit tout ça, je veux quand même rajouter quelque chose : remercier ma
maman qui m’a suivi pendant des années en concours. Elle m’a encouragée, consolée,
soignée. Elle a été groom, premier fan, sponsor, psy, coach, docteur, régie vidéo, et
tout ça avec le sourire. Si j‘avais été elle, je me serais souvent laissée tomber. Alors
merci maman.

A suivre, le coach…
Par sbs007 - Publié dans : les cavaliers et les autres
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Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /Mai /2007 16:36
Au moment de passer mon galop 7 (à l'époque, il était d'usage de ne prendre un cheval en demi-pension ou d'en acheter un que lorsque ce niveau était atteint) j'ai pris un cheval en demi-pension, et j'ai donc fait l'acquisition d'une selle.
A l'époque (il y a 16 ans), on m'a conseillé une Forestier, plutôt qu'une selle bien plus chère (j'étais tentée par une selle brunet pineau).

Avec mon  premier cheval, j'ai souhaité acquérir une selle plus légère, et plus fine (je ne dirais pas de meilleure qualité, les selles forestier étant à mon sens très qualiteuses, mais un peu plus lourdes et de gamme inférieure, du moins à l'époque).
La seule alternative à ce moment était Delgrange ou Butet.

J'ai donc acheté une selle Delgrange, dont je suis très contente (c'était il y a 10 ans); pour compléter la selle, j'ai acheté un peu plus tard une sanlge avec bavette incorporée (toujours Delgrange).

Cette sangle est également de très bonne qualité, mais avec le temps et les frottements, les élastiques de chaque côté de la sangle (peut être pas très bien placés ?) se sont usés, et il me faut les changer.

Classiquement, et toujours très "attachée" à la marque, je contacte Delgrange par mail, qui ne me répond pas.
J'interroge alors CWD (qui semble avoir acquis une très bonne notoriété), qui accepte de changer les élastiques en un temps réduit et pour un prix raisonnable.

Finalement, Delgrange répond à ma demande (avec trois semaines retard, sachant que la sangle est déjà partie en réparation) en me proposant un prix deux fois supérieur à celui de CWD.

Je suis donc particulièrement déçue du service commercial Delgrange (je me souviens avoir eu presque "honte" de leur demander de bien vouloir me vendre une selle tellement ces gens sont importants...), et je crois bien que c'est CWD que j'irai voir la prochaine fois que je changerai de selle, de sangle ou de filet !
Par sbs007 - Publié dans : équitation : les selliers
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Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /Mai /2007 16:17
Num--riser0001-edited.jpg Imperial Lady Dot est une jument anglo-arabe de complément (AAC), née en 1996.

Imperial a été achetée en 1997, alors qu'elle n'avait que 6 mois. Nous avons été la voir chez son naisseur, lors d'une tournée en poitou charente.
C'était la pouliche qui avait le plus de chic, avec des allures vraiment légères (elle donnait l'impression de ne pas toucher le sol).
Elle présentait déjà un caractère bien trempé, qui a rendu son éducation en main pas toujours évidente (aucun problème lors du débourage puis montée au travail).

Débourée à 2 ans et demi, elle s'est classée 1ère au concours de modèle et allures (j'avoue que ce concours s'est déroulé en Ile de France de sorte qu'il n'y avait que deux anglo-arabe, et que donc Imperial a terminé 1ère sur 2...).

Remise au pré, elle ne commence à travailler qu'à 5 ans. Manque de chance, l'encadrement y est particulièrement mauvais (à se demander comment j'ai pu rester presque un an et comment le directeur a pu avoir son monitorat...), et la connaissance du jeune cheval inexistante.
Pour couronner le tout, le sol de la carrière est très mauvais (pas de manège...), finissant par provoquer une blessure aux boulets antérieurs...

Après un arrêt assez long et un changement d'écurie, Imperial est remise au travail et des progrès sont visibles, surtout en obstacle grace à Jean-Pierre BONNEAU.
Mais alors que nous sommes prêtes à sortir en concours, il y a toujours un petit quelque chose qui ne va pas (mal parée lors du changement de ferrure, mal de dos, etc...).
Finalement, Imperial est mise en pré en octobre 2003.

Deux enfants plus tard pour sa cavalière, Imperial est remise au travail en avril 2007.
Cette fois, l'encadrement est très bon.

Pourvu que ça dure...

Par sbs007
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